Bombe glacée

par François Busnel
Lire, juillet 2005 / août 2005
Ce roman de Richard Yates
a inspiré Ford, Kennedy et Carver. Explosif!
En 1961, une bombe explosa dans le milieu littéraire américain. Elle fit voler en éclats les tabous dans une
Amérique que la tornade Kennedy tirerait de sa torpeur. Avec Revolutionary Road (bizarrement traduit par La fenêtre panoramique - mais la traduction de Robert Latour gomme beaucoup de la
subtilité de ce livre), un certain Richard Yates fit une entrée remarquée en littérature. Kurt Vonnegut et Raymond Carver le hissèrent au rang d'écrivain-culte. James Salter le salua comme «l'un
des plus novateurs romanciers d'Amérique».
Pourquoi une telle unanimité? Richard Yates n'est pas un styliste. Il a bien retenu la leçon
d'Hemingway, celle que Carver appliquera sans cesse: écrire court, à l'os, en contournant les adjectifs. Sa musique est celle des écrivains
pressés; elle donne au lecteur le sentiment d'avancer à toute vitesse dans un récit pourtant lent et oppressant. Mieux que quiconque, il décrit les affres d'un quotidien bâti sur les ruines du rêve américain. Il raconte, sans un mot de trop. Et c'est dans les interstices que vient se loger son
immense talent.
April et Frank forment un jeune couple sans histoire. Ils s'installent en banlieue new-yorkaise, dans un
pavillon moderne doté d'une fenêtre panoramique. Par cette fenêtre, ils voient et sont vus. Ce que nous observons, Richard Yates le décrit dans un face-à-face qui tournera au cauchemar. Les
disputes, le sentiment de ne pas appartenir à l'univers petit-bourgeois dans lequel ils s'engoncent pourtant... April et Frank sont deux héros malgré eux, aux prises avec leurs désirs et leurs
renoncements. Yates aurait pu tomber dans le pathos: au contraire, il signe un roman puissant dont la gravité est teintée de ce mystère joyeux qui est la marque des grandes œuvres. Le destin de
ce couple est, de bout en bout, passionnant. Et surprenant...
Richard Yates était, dit-on, un hédoniste maniaco-dépressif. Ce génie dérangeant termina ses jours comme
professeur à l'université d'Alabama. Il mourut comme un clochard. Depuis longtemps, il annonçait à ses fans un ultime roman. On chercha le manuscrit pendant des jours dans sa pauvre demeure, et
c'est un de ses étudiants qui le découvrit, conservé dans... le congélateur. Sortez La fenêtre panoramique du congélateur: ce roman peut bouleverser votre
quotidien!
Par Charlotte
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Vendredi 28 novembre 2008
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Vendredi 28 novembre 2008
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Rêves de cabane
NOUVEAUTÉ
Textes : François David
Collectif d'illustrateurs
Format : 265 x 330 mm
64 pages
Parution : 1er octobre 2008
ISBN : 978-2-84865-248-1
Genre : album
Prix : 24,00 €
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Dessine-moi la cabane de tes rêves…
Après Un éléphant peut en cacher un autre puis Un loup peut en cacher
un autre, albums « à la fois galerie d’art et anthologie » (C.L.P.C.F.),
voici une nouvelle aventure éditoriale hors normes sur le même principe,
avec un nouveau thème fort : la cabane. Comme pour les deux précédents opus, plus de 30 artistes et illustrateurs se sont emparés
en toute liberté de cette figure de l’enfance et ont imaginé, sur la base
d’un grand format commun, la cabane de leurs rêves. À chacun son univers, à chacun son style et sa technique. Un hommage à la créativité et au talent des illustrateurs que le poète
François David souligne
une fois de plus avec brio : il a composé un poème sur chaque image,
une fois celles-ci réalisées.
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Par Charlotte
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